Docteurs honoris causa

M. Jerome Seymour Bruner

Jerome Seymour Bruner, lauréat du Prix Balzan, est considéré comme l’un des plus grands protagonistes de la psychologie et en particulier de l’étude de l’apprentissage et de l’éducation. Il a reçu une vingtaine de doctorats honoris causa de la part d’universités prestigieuses et plusieurs décorations.

Professeur à l’Université de Harvard (où il a fondé le Harvard Center for Cognitive Studies), puis à Oxford, les recherches qu’il a conduites pendant plus de 60 ans ont amené de véritables bouleversements dans les sciences humaines, qu’il s’agisse, dans les années 1940 et 1950, de ses travaux sur la perception visuelle, ou de ses recherches sur les processus de résolution de problèmes, et plus généralement sur les relations entre action, pensée et langage. Il a ainsi été l’un des pionniers du virage qui a mené à la révolution cognitive. Dans les années 1980 et 1990, il a contribué à la renaissance de la psychologie culturelle, avant de s’attaquer à de nouveaux territoires, juridiques ceux-ci, à la Faculté de Droit de la New York University. La large diffusion de ses idées a fortement consolidé l’image de la psychologie scientifique et particulièrement de ses apports à l’éducation. Certains de ses ouvrages ont aidé des générations de professionnels (enseignants, psychologues, logopédistes notamment) et de parents à imaginer des contextes d’apprentissage fondés sur la reconnaissance des potentialités des expériences éducatives précoces.

Le chercheur américain a des liens scientifiques et personnels étroits avec Neuchâtel en général et son Université en particulier. Et alors que la célébrité mondiale du Neuchâtelois Jean Piaget doit beaucoup à l'intérêt que celui-ci lui a porté, l’œuvre de Jerome Seymour Bruner a profondément inspiré un certain nombre de chercheurs de l’Université de Neuchâtel, en psychologie et éducation, en logopédie et en sciences de l’information et de la communication notamment.

Laudatio de M. Jerome S. Bruner

 

Mme Dorothy L. Cheney et M. Robert M. Seyfarth

Les carrières des Professeurs Dorothy Cheney et Robert Seyfarth sont étroitement liées. Non seulement ils travaillent dans la même institution, l’Université de Pennsylvanie, l’un comme psychologue, l’autre comme biologiste, mais de surcroît, c’est dès les années 1970 que ce remarquable couple « dual career » a commencé, à la Rockefeller University de New York, à s’intéresser, dans la complémentarité, aux singes dans leur milieu naturel.

D’abord, Dorothy Cheney et Robert Seyfarth démontreront que les vocalisations des primates ne sont pas que des expressions réactives mais bien des signaux sémantiques. Puis leurs travaux sur les relations sociales établiront nombre des principes de base de l’écologie comportementale moderne. Enfin, après avoir analysé les capacités cognitives des primates sauvages, les deux chercheurs poseront des questions essentielles sur la question de l’esprit des animaux. Car, dès le début de leurs recherches, l’ambition de Dorothy Cheney et Robert Seyfarth était bien d’aborder, avec une approche expérimentale rigoureuse, des questions de métaphysique. Trente-cinq années de recherche et des ouvrages qui feront date leur permettront d’avoir une influence déterminante sur ce terrain. L’approche novatrice de Dorothy Cheney et Robert Seyfarth a permis l’ouverture d’un tout nouveau champ de recherche et ce sont aujourd’hui de nombreux laboratoires qui travaillent sur la nature de la cognition des primates. Par ailleurs, leurs résultats ont fait progresser plusieurs autres disciplines, notamment la philosophie, la linguistique et la psychologie.

L’Université de Neuchâtel travaille à la réalisation d’un Centre d’excellence en sciences cognitives qui œuvrera à la croisée de plusieurs disciplines, notamment la biologie, la psychologie et la sociologie. Cette recherche transdisciplinaire est tout à fait dans l’esprit et la continuité du travail de ce couple de pionniers, puisque la primatologie constitue une influence majeure dans le champ des recherches sur les fonctions cognitives humaines. 

Laudatio de Mme Dorothy L. Cheney et M. Robert M. Seyfarth