La vie après UniNE

« Un hameçon auquel j’ai rapidement mordu »

Robin Dufour, hydrogéologue au Pérou

En 2007, suite à un Master en hydrogéologie à l’Université de Neuchâtel, Robin Dufour s’est envolé pour une première expérience professionnelle au Pérou. On le retrouve aujourd’hui chez MWH Global à Lima, comme responsable du département de modélisation des eaux souterraines. Parallèlement à son activité professionnelle, Robin Dufour a entamé en 2011 un doctorat en hydrogéologie à l’UniNE.
 
En quoi consiste votre travail ?
Je me suis rendu au Pérou avec une seule idée en tête : acquérir une première expérience professionnelle dans le domaine de mes études et à l’étranger. J’ai alors intégré Ground Water International, une petite entreprise travaillant à des études d’impact avec les compagnies minières. L’ambiance de travail, très agréable et formatrice, m’a convaincu de poursuivre l’aventure…
La première année, j’ai passé mon temps entre Lima et des mines souvent situées à plus de 4000 mètres d’altitude. Pour y accéder, il n’y avait pas d’autres moyens que l’avion ou l’hélicoptère… mal de tête garanti, mais quel spectacle ! Sur le terrain, j’étais chargé des tâches qui relevaient de l’hydrogéologie, soit le suivi des équipes de forage, la cartographie, l’échantillonnage, la spéléologie.
 
Et par la suite ?
 
Je me suis spécialisé dans la modélisation numérique d’écoulements, un hameçon auquel j’ai rapidement mordu. Entre-temps, l’entreprise a été rachetée par MWH. C’est un groupe présent sur tous les continents et qui connaît une forte croissance du personnel au Pérou (+40% par an). J’ai très vite gravi les échelons. Aujourd’hui, je gère un groupe de 8 personnes, chargées exclusivement de la modélisation des eaux souterraines.
Avec 70 hydrogéologues à Lima, dont trois provenant du Centre d'Hydrogéologie et de Géothermie de l’Université de Neuchâtel (CHYN), nous sommes le plus grand groupe d’hydrogéologie en Amérique latine et très certainement dans le top 3 mondial.
 
A propos de vos études, pourquoi avoir choisi cette voie ?
 
Je voulais étudier l’architecture à l’EPFL. Mais après le lycée, j’ai profité d’une année sabbatique pour voyager à travers l’Amérique latine. Alors que mes amis de voyage et moi-même traversions le désert d’Ica, un « fou », que j’appelais « Indiana Bones », nous a emmenés à bord de son vieux 4x4 à la recherche de dents de requins fossiles, d’ossements de baleines et de crocodiles géants. Et nous ne sommes pas revenus les mains vides.
De retour en Suisse avec mon bric-à-brac, une amie m’a suggéré de rendre visite à Martin Burckhardt, à l’époque doyen de la Faculté des sciences de l’UniNE. Fier de moi, certain d’avoir arraché au Pérou pas moins de cinq météorites, je lui ai dévoilé mon butin. Or, après quelques minutes sous les yeux de l’expert, il s’est avéré que ces pierres vraiment très noires, métalliques et extrêmement denses étaient le fruit d’un phénomène complexe nommé l’oxydation du désert. Aucun lien avec l’espace… Martin Burkhart m’a ensuite fait visiter son laboratoire, où j’ai pu scier seul mes pierres dans l’espoir d’y découvrir un fossile. C’était magique. J’y ai trouvé ni météorite ni fossile, mais un début de vocation. A ce moment-là, j’ai dit adieu à l’architecture.
 
Qu’est-ce qui vous a marqué à l’UniNE ?
 
La disponibilité des professeurs et des doctorants, l’esprit familial, les excursions, le cosmopolitisme du Centre d'Hydrogéologie et de Géothermie (CHYN), la qualité des enseignements et bien entendu, l’ambiance sur le campus… les barbecues dans la cour en été… je me rappelle avoir mangé des larves africaines à la pause de midi.
 
Quels sont les points forts de votre cursus ?
 
L’hydrogéologie est en plein boom. Les gens comprennent l’importance de l’eau, les problèmes sont concrets et on se sent utile. Par ailleurs, c’est une science à la fois simple et extrêmement complexe, on a jamais fini d’apprendre et c’est cela qui rend la discipline si passionnante.
 
Je pense utiliser 90% des mes études au quotidien. Les cours du CHYN sont très applicables… aujourd’hui encore, je vais régulièrement rouvrir mes classeurs selon les besoins.
 
Quel est votre conseil pour un futur étudiant ?
 
Profitez un maximum de la proximité avec les professeurs. Dérangez-les pour aller poser les questions en suspens. C’est incontestablement le point fort de Neuchâtel, cela est impossible dans des universités plus grandes.
 
Côté loisirs, après la première neige, ne manquez sous aucun prétexte la descente en luge du chemin des poules, parallèle au funiculaire de Chaumont. Il faut être le deuxième à passer, juste après celui qui trace la piste. Cela dit, je décline toute responsabilité en cas d’accident.

Interview UniNE 2012

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