La vie après UniNE

« L’important, c’est de suivre ses passions… »

Marion Cattin, Brand Heritage Assistant chez Longines

Après avoir obtenu un Master bilingue français-allemand en histoire fin 2014, master proposé conjointement par les universités de Neuchâtel et de Lucerne, Marion Cattin a intégré l’entreprise horlogère Longines, à Saint-Imier, en tant qu’historienne.

Votre master en poche, vous avez directement été engagée chez Longines. Un coup de chance ?

Disons que c’était le bon timing. Je venais de terminer mon master quand j’ai reçu l’offre par mail, via l’Université de Neuchâtel. Longines recherchait un(e) historien(ne) bilingue français-allemand. J’ai été engagée grâce à mon master. Aujourd’hui, j’ai un poste à 100% et travaille avec une équipe super, dans un cadre passionnant.

Une historienne dans une entreprise horlogère, plutôt inhabituel, non ?

Oui. Si on m’avait dit il y a quelques années que je travaillerais un jour dans un tel cadre, je ne l’aurais pas cru. Je ne savais pas alors qu’il existait des départements historiques dans les entreprises horlogères. J’en ai entendu parler il n’y a pas si longtemps, par l’intermédiaire d’une connaissance. Ça m’a surprise, mais surtout séduite. Le monde horloger est passionnant. En tant que Brand Heritage Assistant, je travaille au département historique de Longines avec six autres personnes. Au quotidien, il y a les recherches historiques en lien avec l’entreprise. Sans oublier les visites du musée Longines que je donne, en trois langues. Je peux à la fois pratiquer ma profession d’historienne tout en utilisant l’anglais et l’allemand. C’est juste parfait !

Pour vous, l’histoire, c’était la voie toute tracée?

En fait, au lycée, j’avais pensé aux lettres, mais j’ai écarté cette option parce que j’avais eu des échos négatifs sur les perspectives d’avenir. Je me suis alors lancée en médecine. C’était bien sûr un idéal, mais aussi la certitude d’avoir un travail au bout. En me retrouvant à Lausanne, perdue au milieu de centaines d’étudiants, j’ai très vite déchanté. J’étais un numéro parmi d’autres. Après une année et demie, j’ai décidé d’arrêter. Je suis partie trois mois en Angleterre et à mon retour, j’ai commencé les lettres à Neuchâtel. L’anglais, l’histoire et l’histoire de l’art : j’ai tout aimé ! Contrairement à la médecine, je me suis tout de suite sentie à ma place. J’ai besoin d’avoir une profession qui me permette de découvrir des mondes, d’éprouver des émotions. Mon passage à Lausanne s’est avéré sur ce plan très positif : il m’a permis de savoir de savoir clairement ce pour quoi j’étais faite.

Après votre bachelor en histoire, histoire de l’art et anglais, vous avez choisi d’effectuer un Master bilingue français-allemand en histoire. Qu’est-ce qui vous a poussé à relever ce défi ?

J’hésitais en fait entre un Master en histoire ou en histoire de l’art. Quand j’ai découvert ce nouveau master, avec option bilingue, j’ai foncé. En histoire, l’allemand est important, surtout en Suisse. Acquérir une langue en plus de l’anglais et du français me semblait indispensable.

Les cours de ce master se répartissent entre Neuchâtel et Lucerne. Comment vous êtes-vous organisée ?

Pour obtenir ce master, il faut passer deux semestres dans chaque université. Peu importe s’ils sont suivis. Nous sommes libres de nous organiser. J’ai choisi pour ma part d’effectuer mon premier semestre à Neuchâtel, où j’ai profité de suivre des cours intensifs d’allemand. J’ai enchaîné avec les deux autres semestres à Lucerne. Au début, c’était difficile. Je me souviens de mon premier séminaire. J’étais seule et devais le présenter à une classe entière en allemand. Autant dire… la panique ! Mais ma présentation a été très bien accueillie. Ça m’a appris à avoir confiance, à me moquer des fautes que je pouvais commettre en allemand. J’ai eu en outre la chance d’habiter pendant toute cette période dans une famille suisse allemande, non loin de Lucerne. Ce qui m’a beaucoup aidé à progresser. Cette année a vraiment été fantastique !

Que vous ont apporté ces deux années ?

Elles m’ont permis d’abord de partir de Neuchâtel, de voir autre chose. D’améliorer également mon allemand, en rencontrant de nouvelles personnes, en découvrant une nouvelle culture. Mais surtout de porter un regard différent sur l’Histoire. A Neuchâtel, l’Histoire est davantage centrée sur la Suisse et l’Europe. Tandis qu’à Lucerne, l’approche est plus internationale. Lors d’un séminaire sur la mondialisation, j’ai dû par exemple me rendre aux archives fédérales de Berne. C’était la première fois que je les découvrais. Par contre, côté relation profs - élèves, c’était aussi bien à Lucerne qu’à Neuchâtel. Comme c’est une petite université, on y retrouve le même esprit, très humain.

Quel souvenir gardez-vous justement de l’Université de Neuchâtel ?

Une période géniale ! Que ce soit en anglais, en histoire ou en histoire de l’art, j’ai adoré les profs de toutes les branches. Ils étaient géniaux, passionnés et en même temps accessibles et à l’écoute. Contrairement à Lausanne, je ne me suis jamais sentie un numéro. C’est précieux : cela permet de rester motivé et de mieux assimiler la matière. Et puis, il y a l’emplacement de l’Université : quand on a besoin de se ressourcer, de faire un break, on va au bord du lac. C’est idyllique.

Quel conseil donneriez-vous à un étudiant ou futur étudiant ?

C’est d’étudier ce qui lui plaît ! S’il a la passion, c’est encore mieux. Et puis, ne pas se bloquer en se disant : «Je ne vais pas prendre cette voie car il n’y a aucun débouché.» C’est ce que j’avais craint avec les études de lettres, et c’est une des raisons qui m’a poussé à choisir d’abord médecine. Mais au final, j’ai compris que ce n’était pas pour moi. Tandis qu’avec l’histoire et les langues, deux domaines qui me passionnent, je sais aujourd’hui que je suis faite pour ça. Les lettres permettent d’ailleurs d’accéder à une vaste palette de métiers différents. On peut commencer quelque part et bifurquer en cours de route. L’important, c’est de suivre ses passions et de connaître ses capacités.

 

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