Didier Burkhalter

La marque de l'Université

Berlin, Paris, Rome ? Quelle ville choisir pour se lancer dans les études universitaires ? Comment profiter pleinement de l’ouverture continentale et du brassage des idées ? Et pourquoi pas Neuchâtel ? Neuchâtel n’est pas une grande cité. Mais, nichée au centre de l’Europe et proche de tout, elle en a certaines des qualités, tout en évitant leurs travers. L’un de ses points forts est sans conteste l’Université. Là encore, la taille, modeste, ne limite pas toujours les ambitions.

Mes souvenirs universitaires sont éloignés par une bonne moitié de ma vie. Ils restent cependant imprégnés au fond de moi, rappelant leur présence aussi forte que silencieuse à chaque étape, le long du chemin des décisions. A l’époque, on ne parlait pas encore de masters ou de bachelors. Pourtant, la soif d’étudier était la même, faite à la fois d’une attirance aimantée pour le savoir et de cette conscience sourde que l’avenir dépend d’abord de ses propres actes. J’ai eu la chance d’étudier à la faculté des sciences économiques de l’Université de Neuchâtel, d’y travailler aussi en tant qu’assistant. Je me suis dirigé alors vers l’économie politique, pressentant confusément que je pourrais puiser dans la théorie
pour cultiver la pratique.

Les vagues et les courants des années ont passé. Aujourd’hui, je ressens simplement de la reconnaissance à l’égard d’une toute petite Université qui m’a donné ma seule certitude : qu’il faut sans cesse apprendre soi-même pour comprendre – ne serait-ce qu’un peu – le monde et les autres.