Giorgio Malinverni

Laudatio de M. Giorgio Malinverni, Dr h. c. Dies Academicus 2011

M. Malinverni, c’est pour moi un privilège et un grand honneur de participer à cette cérémonie du Dies academicus lors de laquelle vous recevrez le Doctorat honoris causa que l’Université de Neuchâtel souhaite vous décerner, sur proposition de la Faculté de droit.

Vous avez quitté votre Tessin natal pour étudier à la Faculté de droit de l’Université de Fribourg, au sein de laquelle vous avez obtenu votre licence en droit en 1965. Vous avez ensuite rejoint l’Université de Genève pour rédiger votre doctorat en droit et y avez travaillé comme assistant et professeur assistant, avant d’y être nommé professeur ordinaire de droit constitutionnel en 1980.

Durant votre carrière, vous avez occupé de nombreuses fonctions très importantes. Je me permets d’en mentionner trois qui sont dignes d’être relevées :

  • la fonction de vice-président de la Commission européenne pour la  démocratie par le droit du Conseil de l’Europe, plus connue sous le nom de  « Commission de Venise » ;
  • la fonction de membre du Comité des droits économiques, sociaux et culturelsdes Nations Unies ; et
  • la fonction très prestigieuse de juge auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme à Strasbourg, pendant ces cinq dernières années.

Depuis de nombreuses années, vous avez tissé des liens professionnels et d’amitié avec plusieurs collègues de la Faculté de droit de l’Université de Neuchâtel. Ces liens sont nés alors que vous étiez encore professeur de droit constitutionnel à l’Université de Genève et ont perduré après votre accession à la Cour européenne des droits de l’Homme.

En votre qualité de Juge au titre de la Suisse, vous y avez régulièrement accueilli les étudiantes et les étudiants de notre Faculté, lors de leur traditionnelle visite annuelle à Strasbourg dans le cadre du séminaire dit « de Strasbourg ». Vous avez toujours trouvé la disponibilité nécessaire pour vous entretenir avec eux et votre extrême amabilité a laissé un souvenir émerveillé dans leur cœur. Bien qu’appelé à assumer de hautes fonctions, vous êtes ainsi resté attaché aux valeurs de l’amitié et de la pédagogie, si chères à votre vocation première de professeur.

Vos enseignements auront marqué des générations d’étudiants que vous avez formés. Vous avez su les sensibiliser aux droits de l’Homme et éveiller leur esprit critique durant les quarante années que vous avez passées à la Faculté de droit de l’Université de Genève.

Vous avez aussi œuvré inlassablement pour le respect des droits de l’Homme et de la démocratie, en vous consacrant en particulier à la protection des minorités nationales, des libertés et des droits économiques sociaux et culturels. Votre parcours remarquable fait de vous l’un des plus dignes ambassadeurs de ces valeurs, dans notre pays comme à l’étranger.

Vous êtes une source d’inspiration non seulement pour les étudiants, mais aussi pour vos collègues qui ne peuvent être qu’impressionnés par votre carrière exceptionnelle et la richesse de votre savoir.

Cet esprit à la fois scientifique et humaniste, vous avez naturellement su le transmettre et le faire partager au travers de nombreuses contributions en droit constitutionnel et en droits de l’Homme qui font référence et ont contribué à votre rayonnement. On peut mentionner à ce titre notamment le Traité de droit constitutionnel, dont vous êtes le co-auteur et qui en est déjà à sa troisième édition. Cet ouvrage remarquable sert de base en droit constitutionnel pour de nombreux étudiants en Bachelor et est également extrêmement utile pour les praticiens.

Je ne saurais conclure cette allocution sans vous remercier pour votre engagement sans faille, tant pour les étudiants que pour les droits de l’Homme.

   

Florence Guillaume,

Doyenne de la Faculté de droit

 

Neuchâtel, le 11 octobre 2011