Gilles Petitpierre

Laudatio de M. Gilles Petitpierre, Dr h. c. Dies Academicus 2010

M. Gilles Petitpierre, né le 22 janvier 1940, est originaire de Couvet. Il est le fils de Max Petitpierre, conseiller fédéral de 1945 à 1961, dirigeant le département politique (affaires étrangères), et le neveu de Denis de Rougemont. Sa femme, Anne Petitpierre-Sauvain, est avocate et professeure à la faculté de droit de l’Université de Genève.

M. Gilles Petitpierre effectue ses études supérieures à la faculté des lettres de l’Université de Neuchâtel où il obtient une licence ès lettres et à l’Université de Genève où il obtient un doctorat en droit. Il est ensuite nommé professeur ordinaire à la faculté de droit de l’Université de Genève, fonction qu’il occupe de 1978 à 2005.

M. Petitpierre est l’auteur de nombreuses publications de référence portant notamment sur la partie générale du droit des obligations ainsi que sur la réforme des institutions. M. Petitpierre a formé des générations de juristes, les initiant aux subtilités du droit des obligations. « Docendo discimus », « en enseignant, nous apprenons », selon le titre de la leçon d’adieu prononcée par M. Petitpierre.

Plusieurs de ses élèves sont devenues professeures dans diverses facultés de droit. Il a certainement appris avec joie et satisfaction que l’une de ses dernières doctorantes, Madame Anne-Sylvie Dupont, auteure d’une thèse remarquable sur le dommage écologique, vient d’être nommée chargée d’enseignement dans notre faculté, responsable de l’enseignement de droit des assurances sociales.

Parallèlement à sa carrière académique, M. Petitpierre exerce des mandats politiques importants au Parlement fédéral, comme conseiller national de 1979 à 1991, puis comme conseiller aux Etats de 1991 à 1995. Au Conseil des Etats, il préside la commission de la science, de l’éducation et de la culture. En 1990, il dirige avec son collègue René Rhinow le groupe de travail « Structures de direction de la Confédération », participant ainsi activement à la réflexion sur la réforme des institutions de notre pays. M. Petitpierre est un parlementaire respecté et influent. Il siège également à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

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M. Petitpierre, c’est un honneur pour moi de participer à cette cérémonie du dies academicus lors de laquelle il vous sera remis dans quelques instants le titre de docteur en droit honoris causa de l’Université de Neuchâtel.

Vous faites partie de ces rares personnes qui allient le sens de l’Etat et de l’intérêt général, le respect des autres et la modestie, une parfaite intégrité, une sincère conscience sociale ainsi qu’un esprit ouvert et visionnaire.

Vous avez été de tous les combats qui honorent le juriste, que cela soit l’égalité des droits entre femmes et hommes, la refonte du droit matrimonial, le développement des énergies renouvelables, l’intégration européenne et bien sûr la réforme des institutions.

J’espère, cher M. Petitpierre, que vous ne m’en voudrez pas de conclure cette brève allocution en vous citant :

« Paul Valéry qui a le don de la lucidité a écrit :

« Ce qui est simple est toujours faux ; ce qui ne l’est pas est inutilisable » (tiré de Mauvaises pensées et autres, Paris 1942).

Que cela ne nous empêche pas [et je vous cite] de chercher infatigablement la voie entre ces deux échecs (l’erreur et l’inutilité) pour mettre en œuvre un droit praticable aussi juste que pourra l’être une création humaine » (Gilles Petitpierre, Docendo discimus, leçon d’adieu prononcée le 10 juin 2005, in : Le législateur et le droit privé, Colloque en l’honneur du professeur Gilles Petitpierre, Genève/Zurich/Bâle 2006, p. 237).

Jean-Philippe Dunand, doyen de la faculté de droit

Neuchâtel, le 6 novembre 2010